LES ORBITOPATHIES DYSTHYROIDIENNES
AHKIM CHAYMAE
Sommaire
Introduction : ………………………………………………………………………………………………………………………………………. 5
Physiopathologie : ………………………………………………………………………………………………………………………………… 5
Epidemiologie :…………………………………………………………………………………………………………………………………….. 7
Signes cliniques : ………………………………………………………………………………………………………………………………….. 7
1. Anomalies liées à la surface oculaire : ……………………………………………………………………………………… 7
2. Atteinte palpébrale : ………………………………………………………………………………………………………………. 8
3. Exophtalmie …………………………………………………………………………………………………………………………. 9
4. Troubles oculomoteurs ………………………………………………………………………………………………………… 10
5. Neuropathie optique : ………………………………………………………………………………………………………….. 10
6. Une augmentation de la pression intraoculaire : ………………………………………………………………………. 11
Imagerie : ………………………………………………………………………………………………………………………………………….. 11
1. Tomodensitométrie : ………………………………………………………………………………………………………………. 11
2. Imagerie par résonance magnétique (IRM) ………………………………………………………………………………… 13
Traitement : ………………………………………………………………………………………………………………………………………. 16
1. Traitements médicaux : ……………………………………………………………………………………………………………….. 16
A. Soins locaux : ……………………………………………………………………………………………………………………………… 16
B. Arrêt du tabac : …………………………………………………………………………………………………………………………… 16
C. Équilibre thyroïdien : …………………………………………………………………………………………………………………… 16
D. Corticothérapie :…………………………………………………………………………………………………………………………. 16
E. Traitements immunosuppresseurs : ………………………………………………………………………………………………. 18
✓ Immunosuppresseurs non spécifiques : …………………………………………………………………………………….. 18
✓ Immunosuppresseurs spécifiques : ……………………………………………………………………………………….. 19
2. Radiothérapie orbitaire externe : …………………………………………………………………………………………………. 20
3. Traitements chirurgicaux : …………………………………………………………………………………………………………… 21
A. Décompression orbitaire : ………………………………………………………………………………………………………… 22
Voies d’abord chirurgicales pour la décompression orbitaire : ………………………………………………………….. 22
B. Décompression graisseuse (lipectomie) : ……………………………………………………………………………….. 23
Indications chirurgicales selon la forme anatomoclinique [63] ………………………………………………………….. 23
C. Chirurgie des troubles oculomoteurs : ……………………………………………………………………………………….. 24
D. Chirurgie palpébrale ………………………………………………………………………………………………………………… 25
E. Chirurgie esthétique palpébrale…………………………………………………………………………………………………. 25
Arbre décisionnel. ………………………………………………………………………………………………………………………………. 26
Conclusion : ………………………………………………………………………………………………………………………………………. 27
Références : ……………………………………………………………………………………………………………………………………….. 28
Page 2 sur 34Liste des figures :
Figure 1 Figure 1 Rétraction palpébrale supérieure, exophtalmie prédominante OD ………….. 9
Figure 2 Scanner orbitaire en coupe axiale montrant une exophtalmie avec une infiltration du
corps musculaire des muscles droits médiaux et latéraux. …………………………………………….. 12
Figure 3 Régression nette de l’exophtalmie, de la rétraction palpébrale et du chemosis a 6
semaines de traitement par corticotherapie ………………………………………………………………… 18
Figure 4 Régression nette de l’exophtalmie, de la rétraction palpébrale et du chemosis a 6
semaines de traitement par corticotherapie ………………………………………………………………… 18
Page 3 sur 34Liste des Tableaux :
Tableau 1 Classification de Mourits (clinical activity score –CAS) : ………………………………………………. 14
Tableau 2 Classification de l’European Group on Graves’ Orbitopathy (EUGOGO) : ………………………. 15
Tableau 3 Prise en charge des patients atteints d’orbitopathie dysthyroïdienne (OD) d’après les
recommandations de l’European Group on Grave’s Orbitopathy[7] ……………………………………………. 26
Page 4 sur 34Introduction :
L’orbitopathie dysthyroïdienne constitue une affection relativement courante dont le
diagnostic et la prise en charge nécessitent une approche multidisciplinaire. Elle est liée à un
dysfonctionnement immunologique chronique responsable d’une inflammation des tissus
rétrobulbaires. Elle survient le plus souvent dans un contexte d’hyperthyroïdie, notamment au cours
de la maladie de Basedow, mais peut également s’observer dans l’hypothyroïdie (maladie de
Hashimoto) ou l’euthyroïdie [1]. Sur le plan clinique, elle se manifeste par une exophtalmie, des
anomalies de la motricité oculaire et des modifications palpébrales, d’intensité variable. Dans ses
formes sévères, elle peut évoluer vers une neuropathie optique. Le traitement médical repose en
première intention sur la corticothérapie pour les formes actives, tandis que la chirurgie est réservée
aux formes séquellaires, et rarement indiquée en urgence.
Physiopathologie :
La maladie de Basedow est une affection auto-immune caractérisée par la présence
d’autoanticorps dirigés contre les récepteurs de la TSH (TSH-R), ce qui stimule de façon excessive les
thyréocytes et entraîne une surproduction d’hormones thyroïdiennes. Environ 60 % des patients
développent une orbitopathie dysthyroïdienne (OD), marquée par une infiltration inflammatoire suivie
d’une fibrose des muscles oculomoteurs et du tissu adipeux orbitaire. Histologiquement, une
accumulation de glycosaminoglycanes est observée dans les muscles et/ou la graisse orbitaire[2].
L’orbite représente donc une seconde cible des auto anticorps.
Les cellules impliquées dans ce mécanisme pathogénique sont les lymphocytes B et T, et les
fibroblastes orbitaires. Les lymphocytes B, présents en nombre important dans cette pathologie auto-
immune, sécrètent des autoanticorps contre un autoantigène du patient. Ils interagissent avec les
lymphocytes T par plusieurs signaux (la liaison entre le CD40 à la surface des cellules B avec leur ligand
CD40-L à la surface des cellules T). Ainsi, les lymphocytes T activés vont sécréter des cytokines,
notamment l’IL-4, et jouer un rôle d’amplification de réponse des lymphocytes B. Les cellules T sont
donc un facteur de progression de la maladie[2]. Puis elles sont recrutées par les fibroblastes orbitaires
et s’engagent dans un cycle d’activation réciproque, responsable des modifications des tissus
caractéristiques de l’OD. Par un mécanisme encore inconnu, il existe une sécrétion d’autoanticorps par
les lymphocytes B dans l’OD. Or, le récepteur de la TSH est exprimé à la surface des fibroblastes
orbitaires. Par ailleurs, l’IGF-1R (insuline-like growth factor-1 receptor) est un autre antigène avec un
rôle pathogénique dans l’OD, présent à des taux plus élevés que dans des orbites saines[2, 3]. De plus,
un anti corps dirigé contre l’IGF-1R provoque la synthèse de hyaluronane dans les fibroblastes
Page 5 sur 34orbitaires de l’OD (et non dans les orbites saines) et entraîne la production par les fibroblastes de
chémoat tractants (Il-16 [interleukine-16] ; RANTES [regulated on activation normal T cells expressed])
pour les cellules T[2, 3]. Ainsi, les patients présentant une maladie de Basedow avec des autoanticorps
anti-TSH-R vont aussi développer des autoanticorps contre l’IGF-1R et d’autres antigènes orbitaires.
Cependant, les variations de présentations cliniques concernant la présence ou non d’OD chez des
patients dysthyroïdiens suggèrent que le dévelloppement de l’OD nécessite plusieurs étapes, encore
mal définies. En outre, il existe des facteurs de risque additionnels connus : le tabagisme, une
prédisposition génétique[2].
Les fibroblastes orbitaires ne sont pas seulement des éléments structurels de l’environnement
orbitaire mais jouent un rôle dans l’homéostasie du tissu orbitaire. Leur diversité de phénotype est
remarquable, très différente des fibroblastes observés dans d’autres tissus [4]. L’identification récente
de fibroblastes dont l’origine semble provenir de la moelle osseuse comme précurseurs de monocytes
représente une explication plausible au fait que des antigènes dont l’expression est considérée comme
limitée uniquement à la thyroïde sont détectés dans l’orbite lors d’une OD. Ces cellules précurseurs
sont nommées fibrocytes et expriment à relativement haut degré le TSH-R, à travers lequel peut être
activé le mécanisme de l’OD dans la maladie de Basedow [5]. Les fibrocytes expriment également l’IGF-
1R avec lequel le TSH-R forme un complexe de signal physique et fonctionnel. Notamment, l’inhibition
d’activité de l’IGF-1R résulte de l’atténuation de la signalisation initiée aux deux récepteurs. Certaines
études suggèrent que des anticorps activant l’IGF-1R sont produits lors d’une OD[6], alors que d’autres
études réfutent cette hypothèse. Lors du développement d’une OD, les fibroblastes orbitaires
représentent la principale cible de la réaction immunitaire. Ils constituent de véritables cellules
«sentinelles »capables de détecter des signaux de danger comme de vraies cellules du système
immunitaire. En effet, ils répondent en proliférant et en se différenciant en cellules effectrices,
synthétisant divers médiateurs et cytokines. Ils sont non seulement responsables de la synthèse de
glycosaminoglycanes (GAG), mais se différencient en myofibroblastes ou lipofibroblastes (adipocytes)
[2, 4]. Ils sont les effecteurs de la progression de l’OD, alors que le stade précoce de l’OD est représenté
par l’infiltration de l’orbite par les cellules T.
Page 6 sur 34Epidemiologie :
L’orbitopathie dysthyroïdienne (OD) affecte préférentiellement les femmes, avec un
sex-ratio de 5,4/1. Chez les hommes, on observe plus fréquemment des formes sévères,
particulièrement après 65 ans [1, 8]. Le tabagisme constitue un facteur de risque majeur : les
fumeurs développent plus volontiers une OD en cas de dysthyroïdie, et celle-ci est souvent plus
sévère [1, 9].
Une prédisposition génétique est également impliquée. Les patients européens
présentent un risque 6,4 fois plus élevé de développer une OD que les patients asiatiques. De
plus, certains antigènes HLA (B8, BW35, DR3) sont retrouvés plus souvent chez les patients
atteints que dans la population générale, suggérant un rôle génétique [1].
L’OD est observée chez environ 60 % des patients atteints de la maladie de Basedow,
avec des degrés variables de sévérité, et chez 2 % des patients présentant une maladie de
Hashimoto [2, 8]. Plus rarement, elle survient dans un contexte d’euthyroïdie, cas désigné sous
le nom de syndrome de Means.
L’OD précède la maladie thyroïdienne systémique dans seulement 10 à 25 % des cas,
mais elle est le plus souvent diagnostiquée en même temps ou dans les 18 mois suivant
l’apparition des troubles thyroïdiens [8]. La sévérité des anomalies thyroïdiennes n’est pas
strictement corrélée à celle de l’OD. Toutefois, l’hypothyroïdie ou une élévation de la TSH
consécutive au traitement de l’hyperthyroïdie aggravent l’évolution de la maladie [1].
Signes cliniques :
Anomalies liées à la surface oculaire :
1.Ces manifestations apparaissent surtout aux stades précoces de la maladie et nécessitent
une détection attentive. Elles se traduisent principalement par des signes inflammatoires tels
que :
• Une hyperhémie conjonctivale, particulièrement marquée au niveau de l’insertion
des muscles oculomoteurs,
• Un œdème palpébral, plus évident au réveil,
• Un chémosis,
• Un œdème de la caroncule,
Page 7 sur 34• Des douleurs rétro-orbitaires.
D’autres symptômes, moins spécifiques et de sévérité variable, peuvent également être
présents : photophobie, larmoiement, sécheresse oculaire, ou encore atteinte cornéenne. Celle-
ci peut aller de la kératite sèche à l’ulcère cornéen, voire à l’abcès, en particulier en cas de
lagophtalmie.
L’atteinte est le plus souvent bilatérale, mais peut se présenter de façon asymétrique [9,
10].
2.Atteinte palpébrale :
L’atteinte palpébrale représente la manifestation la plus fréquente de l’orbitopathie
dysthyroïdienne (OD). Deux grands types d’anomalies sont décrits : la rétraction palpébrale
(supérieure et/ou inférieure) et la lipoptose.
La rétraction palpébrale peut s’associer à une exophtalmie ou non. Elle est évaluée
cliniquement par la distance entre le bord libre palpébral et le limbe sclérocornéen.
Normalement, la paupière supérieure recouvre le limbe d’environ 2 mm, tandis que la paupière
inférieure l’affleure [1].
L’examen de la margin-reflex-distance (MDR), soit la distance entre le bord libre de la
paupière supérieure et le reflet pupillaire, est particulièrement utile en présence de troubles
oculomoteurs. La valeur physiologique est de 4,5 mm
Trois stades de sévérité sont distingués [1] :
• Mineure : paupière supérieure au niveau du limbe / paupière inférieure avec scléral
show ≤ 2 mm
• Moyenne : rétraction palpébrale supérieure entre 2 et 6 mm (scléral show de 0 à 4
mm) / paupière inférieure avec scléral show de 3 mm
• Sévère : rétraction > 6 mm pour la paupière supérieure / > 4 mm pour la paupière
inférieure.
Il faut distinguer la rétraction palpébrale primaire et secondaire : q
• Primaire : liée à l’infiltration musculaire ; elle s’accentue dans le regard en bas.
• Secondaire : liée à des phénomènes fibrotiques des muscles droits inférieurs ; elle
s’aggrave lors du regard vers le haut et disparaît vers le bas, selon les lois de Hering (innervation
égale des muscles agonistes) et Sherrington (innervation réciproque) [1].
Page 8 sur 34Un signe caractéristique est l’asynergie oculopalpébrale (signe de von Graefe) : la
paupière supérieure ne suit pas correctement le globe dans le regard vers le bas, entraînant un
retard ou une impossibilité de descente, avec apparition d’un scleral show [1, 10].
Lipoptose : Elle correspond à l’apparition de « poches » palpébrales inesthétiques dues
à un affaiblissement du septum orbitaire. Plus rarement, un ptosis peut être observé. Dans ce
cas, il convient d’éliminer une myasthénie grave associée à l’OD [1].
Figure 1 Figure 1 Rétraction palpébrale supérieure, exophtalmie prédominante OD
3.Exophtalmie
L’exophtalmie constitue le principal signe de l’orbitopathie dysthyroïdienne (OD), bien
qu’elle soit moins fréquente que la rétraction palpébrale. Elle correspond à une protrusion
anormale du globe oculaire vers l’avant, au-delà du cadre osseux de l’orbite. Le plus souvent,
elle est axiale et bilatérale, mais peut être asymétrique dans environ 30 % des cas, et plus
rarement unilatérale [1, 11] (Fig. 2, 3).
Cette protrusion résulte d’un déséquilibre entre l’augmentation du volume du contenu
orbitaire (muscles oculomoteurs, graisse, éléments vasculo-nerveux) et la rigidité du contenant
osseux.
Sur le plan clinique, la mesure se fait par exophtalmométrie, le plus souvent à l’aide de
l’exophtalmomètre de Hertel, qui demeure la référence. Toutefois, les modèles à miroir ou à
prisme peuvent présenter un certain laxisme [12].
Les valeurs normales décrites par Migliori sont de :
• 15,4 mm chez la femme blanche,
• 16,5 mm chez l’homme blanc,
• 17,8 mm chez la femme noire,
• 18,4 mm chez l’homme noir [13].
Page 9 sur 34Le diagnostic différentiel se pose surtout devant une exophtalmie asymétrique ou
unilatérale ; dans ce cas, l’imagerie permet d’écarter une cause tumorale, infectieuse, vasculaire
ou inflammatoire non spécifique.
4.Troubles oculomoteurs
La diplopie représente un symptôme fréquent, observé chez 10 à 15 % des patients
atteints de maladie de Basedow et chez près de 60 % des sujets présentant une orbitopathie
dysthyroïdienne (OD) [14]. Elle peut être transitoire, survenant au cours des poussées
évolutives de la maladie.
L’évolution des troubles oculomoteurs se déroule en deux phases successives :
1. un élargissement diffus du corps musculaire.
La phase inflammatoire, caractérisée par une infiltration lymphoplasmocytaire et
2. activés [1].
La phase de fibrose, marquée par la synthèse de collagène par les fibroblastes
Les muscles les plus fréquemment atteints sont, par ordre de fréquence : le droit
inférieur, le droit médial, puis le droit supérieur ; le droit latéral est rarement concerné. De ce
fait, la limitation de l’élévation du globe oculaire constitue la restriction la plus courante, se
traduisant cliniquement par une diplopie verticale (voir Fig. 4).
Dans le cadre du bilan d’une OD, une évaluation de la motricité oculaire est
indispensable, comprenant notamment un cover-test et un test de Hess-Lancaster, permettant
une représentation graphique des mouvements oculaires.
5.Neuropathie optique :
La neuropathie optique constitue une complication fonctionnelle grave, bien que rare,
survenant dans environ 3 à 5 % des cas [13]. Il s’agit d’une neuropathie optique compressive,
le plus souvent secondaire à l’élargissement des muscles oculomoteurs au niveau de l’apex
orbitaire, parfois associée à des phénomènes ischémiques.
Le diagnostic repose sur plusieurs examens :
• la mesure de l’acuité visuelle, dont la baisse est souvent tardive,
• l’évaluation de la vision des couleurs, révélant une dyschromatopsie rouge-vert,
• la réalisation d’un champ visuel et d’une OCT papillaire, permettant la mesure de
l’épaisseur des fibres nerveuses rétiniennes (RNFL).
Page 10 sur 34Les anomalies périmétriques les plus fréquentes sont un rétrécissement concentrique du
champ visuel ou un scotome paracentral [8, 15]. Ces signes doivent être recherchés
précocement et différenciés des atteintes observées dans un glaucome chronique à angle ouvert.
La mise en évidence d’une neuropathie optique compressive constitue une indication
chirurgicale urgente de décompression orbitaire osseuse, éventuellement associée à une
réduction graisseuse.
6.Une augmentation de la pression intraoculaire :
Une augmentation de la pression intraoculaire (PIO), aussi bien en position primaire
qu’en regard vers le haut, doit systématiquement être recherchée [8]. Cette élévation peut
résulter d’une compression du globe oculaire par un muscle hypertrophié ou fibrosé, le plus
souvent le droit inférieur, ou encore d’une altération du retour veineux orbitaire.
Selon l’équation de Goldman, la PIO dépend du rapport entre la sécrétion et l’excrétion
de l’humeur aqueuse, ainsi que de la pression veineuse épisclérale :
PIO = (sécrétion / excrétion de l’humeur aqueuse) + pression veineuse épisclérale.
Une compression chronique extrinsèque du globe peut ainsi conduire à un glaucome
chronique à angle ouvert.
La décompression orbitaire osseuse, en réduisant la pression exercée sur le globe et en
améliorant le drainage veineux, permet souvent une diminution significative de la pression
intraoculaire [17, 18].
Imagerie :
1.Tomodensitométrie :
Les scanners spiralés (ou hélicoïdaux) permettent d’acquérir un volume d’examen
constitué de coupes fines et chevauchées, ensuite reconstruites en multiplanaires. En pratique,
l’injection intraveineuse de produit de contraste iodé n’est généralement pas nécessaire.
L’évaluation de l’exophtalmie se fait dans le plan axial neuro-oculaire (PNO) décrit par
Cabanis, qui inclut de l’avant vers l’arrière les deux cristallins, la tête des nerfs optiques et les
canaux optiques. La sévérité de l’exophtalmie est déterminée grâce à l’indice oculo-orbitaire
(IOO), défini par le rapport entre le segment prébicanthal externe (perpendiculaire au plan
bicanthal externe jusqu’à la tangente du bord antérieur de la cornée), et la longueur axiale
maximale du globe.
Page 11 sur 34Chez l’adulte emmétrope, la valeur moyenne normale de l’IOO est d’environ 70 %.
On distingue alors trois degrés d’exophtalmie axiale :
• Absence d’exophtalmie : IOO < 66,6 %
• Grade 1 : 66,6 % < IOO < 100 %
• Grade 2 : IOO = 100 % (tangence du pôle postérieur)
• Grade 3 : IOO > 100 % (exophtalmie sévère)
L’analyse porte aussi sur la graisse orbitaire et les muscles oculomoteurs, dont le volume
peut être normal ou augmenté. Dans l’orbitopathie dysthyroïdienne, l’atteinte concerne surtout
le corps musculaire, avec un relatif respect des tendons, ce qui la distingue des myosites
d’origine inflammatoire chronique. Les muscles le plus souvent atteints sont le droit inférieur,
puis le droit médial. Une atteinte isolée du droit latéral doit faire envisager un diagnostic
différentiel (inflammation orbitaire chronique aspécifique ou tumeur). Enfin, l’hypertrophie du
muscle releveur de la paupière supérieure est étudiée dans le plan neuro-oculaire transoccipital
(PNOTO).
Figure 2 Scanner orbitaire en coupe axiale montrant une exophtalmie avec une infiltration du corps musculaire
des muscles droits médiaux et latéraux.
Page 12 sur 34Imagerie par résonance magnétique (IRM)
2.L’exploration par IRM comprend des séquences pondérées en T1 dans les plans axial
(PNO), coronal et sagittal oblique transhémisphérique (PNOTO), ainsi qu’en T2 dans le plan
neuro-oculaire. L’injection intraveineuse de gadolinium n’est indiquée que dans les formes très
inflammatoires, lorsqu’il est nécessaire d’éliminer un diagnostic différentiel, notamment une
cellulite orbitaire ou une myosite.
L’IRM permet une analyse précise des structures musculaires et graisseuses orbitaires,
susceptibles de présenter des signes d’infiltration inflammatoire ou de fibrose. Son principal
avantage est l’absence d’irradiation ionisante, en particulier au niveau du cristallin, ce qui la
rend utile aussi bien au moment du diagnostic que pour la surveillance de l’efficacité
thérapeutique.
Elle offre également une meilleure appréciation du risque de compression du nerf
optique que le scanner. Le score GEMEN, défini par Cabanis, permet de quantifier de 0 à 64
l’atteinte morphologique de l’orbitopathie dysthyroïdienne selon une grille biométrique.
Enfin, l’IRM autorise un calcul volumétrique des masses musculaires et graisseuses,
élément essentiel pour le choix de la technique de décompression chirurgicale (osseuse et/ou
graisseuse).
Cependant, certaines contre-indications limitent son utilisation : présence de corps
étrangers métalliques orbitaires, pacemaker, neurostimulateur, anciennes générations de valves
cardiaques mécaniques ou clips vasculaires, ainsi qu’une claustrophobie marquée.
Classification :
Page 13 sur 34Tableau 1 Classification de Mourits (clinical activity score –CAS) :
Évaluation de l’activité, basée sur le clinical activity score (CAS)a (7 points).
Douleur rétrobulbaire spontanée 1 point
Douleur lors des mouvements oculaires vers le haut ou le bas 1 point
Rougeur des paupières 1 point
Hyperhémie conjonctivale 1 point
Œdème palpébral 1 point
Inflammation de la caroncule et/ou pli semi-lunaire 1 point
Chémosis 1 point
Un CAS supérieur ou égal à 3/7 indique une activité de l’orbitopathie dysthyroïdienne.
Page 14 sur 34Tableau 2 Classification de l’European Group on Graves’ Orbitopathy (EUGOGO) :
Classification de sévérité de l’orbitopathie dysthyroïdienne d’après l’EUGOGO.
OD menaçant le pronostic
▪ Neuropathie optique
visuel (urgence thérapeutique)
▪ Atteinte cornéenne sévère
OD modérée à sévère
▪ Patients présentant une OD avec un impact
sur la vie quotidienne suffisamment important
pour justifier d’une immunosuppression (si
active) ou d’une chirurgie (si inactive)
▪ Signes apparents
▪ Rétraction palpébrale ≥ 2 mm
▪ Atteinte modérée à sévère des tissus mous
orbitaires
▪ Exophtalmie ≥ 3 mm par rapport à la normale
▪ Diplopie inconstante ou constante
OD légère
▪ Ces patients ont une OD ayant un impact
mineur sur la qualité de vie ne justifiant pas
un traitement immunosuppresseur ou une
intervention chirurgicale
▪ Signes apparents
▪ Rétraction palpébrale mineure < 2 mm
▪ Atteinte légère des tissus mous orbitaires
Exophtalmie < 3 mm par rapport à la normale
▪ Absence de diplopie ou diplopie intermittente
▪ Atteinte cornéenne mineure, répondant au
traitement topique par lubrifiants.
OD : orbitopathie dysthyroïdienne.
Page 15 sur 34Traitement :
La prise en charge de l’OD doit être multidisciplinaire et spécialisée. Dès la première
consultation, il est important d’expliquer au patient la physiopathologie complexe de la maladie,
les différentes étapes thérapeutiques possibles (« par paliers »), ainsi que l’évolution naturelle
de l’atteinte. Le patient doit comprendre qu’il s’agit d’une réhabilitation longue, mais que des
solutions existent à chaque stade de la maladie.
1. Traitements médicaux :
A. Soins locaux :
• Hygiène palpébrale, compresses d’eau tiède.
• Collyres mouillants sans conservateurs (à volonté).
• Port de lunettes solaires.
• Utilisation de prismes en cas de diplopie pour améliorer le confort visuel en
attendant un traitement curatif.
B. Arrêt du tabac :
Le tabagisme est un facteur aggravant, il existe une relation dose-dépendante entre le
nombre de cigarettes et le risque d’orbitopathie. Le tabagisme réduit également l’efficacité des
traitements.
C. Équilibre thyroïdien :
La correction de la fonction thyroïdienne est essentielle en évitant les phases
d’hypothyroïdie qui aggravent l’OD.
Traitement classique par les antithyroïdiens de synthèse pendant 18 mois.
thyroïdectomie totale ou iode radioactif, suivis d’un traitement hormonal substitutif à vie en cas
d’échec ou de récidive
D. Corticothérapie :
• Traitement de référence.
• Les bolus intraveineux de méthylprednisolone (MP) sont plus efficaces et mieux
tolérés que la voie orale.
o Réponse : 80 % IV vs 50 % per os.
Page 16 sur 34• Dose cumulative maximale : 8 g (au-delà, risque de toxicité hépatique).
Protocoles utilisés :
• 500 mg IV × 3 jours consécutifs, répétés sur 4 cycles espacés d’une semaine.
• 1 g IV × 3 jours consécutifs, renouvelable en cas d’échec.
Protocole de référence (EUGOGO) :
• 500 mg IV par semaine × 6 semaines, puis 250 mg IV par semaine × 6 semaines.
• Dose cumulative : 4,5–5 g (meilleur équilibre efficacité/tolérance).
• Pour les formes sévères on peut aller jusqu’à 7,5–8 g max. Exemple : 750
mg/semaine × 6 semaines, puis 500 mg/semaine × 6 semaines.
En cas de neuropathie optique (Urgence thérapeutique) : Bolus de MP à forte dose 500
mg–1 g IV (3 jours consécutifs ou 1 jour sur 2 la 1ʳᵉ semaine) puis poursuite du protocole
classique en cas d’amélioration. L’absence de réponse en 2 semaines est une indication de
décompression orbitaire.
Il est établi que la réponse précoce aux bolus de méthylprednisolone (MP) constitue un
facteur prédictif de l’évolution de l’orbitopathie. Les patients dont la maladie continue de
s’aggraver après six semaines de traitement par bolus ont peu de chances de bénéficier d’une
amélioration significative à la fin du protocole. Dans ce cas, une orientation vers un traitement
de seconde intention peut être envisagée dès la sixième semaine.
Cependant, certains patients considérés comme de « mauvais répondeurs » à six
semaines peuvent encore présenter une amélioration au cours des six semaines suivantes. Ainsi,
deux options s’offrent au clinicien : poursuivre le traitement en cours ou bien passer à une
thérapeutique de seconde ligne.
Page 17 sur 34Figure 3 Régression nette de l’exophtalmie, de la rétraction palpébrale et du chemosis a 6 semaines de
traitement par corticotherapie
Figure 4 Régression nette de l’exophtalmie, de la rétraction palpébrale et du chemosis a 6 semaines de traitement par
corticotherapie
E. Traitements immunosuppresseurs :
Lorsque la corticothérapie est inefficace, mal tolérée ou contre-indiquée, il est possible
de recourir à des traitements de seconde ligne, parmi lesquels plusieurs immunosuppresseurs
ont été étudiés. Ces dernières années, de nouvelles molécules ont montré des résultats
encourageants, tant en termes d’efficacité que de tolérance.
✓ Immunosuppresseurs non spécifiques :
Page 18 sur 34• Cyclosporine : testée dans les années 1980 avec quelques succès, mais n’a pas été
retenue comme traitement de référence.
• Azathioprine : utilisée en association à la radiothérapie. Bien que la radiothérapie
n’apporte pas de bénéfice additionnel, une évolution clinique favorable a été observée à 48
semaines sous azathioprine.
• Méthotrexate : étudié chez 36 patients déjà traités par corticothérapie. Malgré des
effets secondaires, une amélioration significative du score d’activité et des troubles
oculomoteurs a été notée, sans aggravation de l’exophtalmie. Peut constituer une alternative en
cas d’intolérance aux corticoïdes.
• Mycophénolate mofétil : testé en association avec la méthylprednisolone (MP)
versus MP seule. Si aucune différence n’était visible à 12 semaines, une meilleure réponse a été
observée à 24 semaines avec l’association.
✓ Immunosuppresseurs spécifiques :
• Rituximab (Mabthéra®) : anticorps monoclonal anti-CD20 réduisant les
lymphocytes B.
o Études ouvertes et randomisées ont montré des résultats contradictoires : certaines
confirment une efficacité notable, d’autres ne retrouvent pas de bénéfice par rapport au placebo.
o Les meilleurs résultats semblent observés chez des patients jeunes, avec une
évolution récente de l’OD, de faibles taux d’anticorps anti-TSH et chez les fumeurs.
o Risques : effets secondaires sévères, aggravation possible de l’OD par lyse massive
des lymphocytes B.
o Nécessité d’un bilan infectieux et d’une mise à jour vaccinale avant traitement.
• Tocilizumab (RoActemra®) : anticorps monoclonal inhibant le récepteur de l’IL-
6.
o Utilisé initialement dans la polyarthrite rhumatoïde.
o Dès 2014, une première étude interventionnelle a montré une efficacité dans les OD
résistantes aux corticoïdes.
Page 19 sur 34o Confirmé par une étude randomisée en 2018 : amélioration significative du score
d’activité clinique et de l’exophtalmie, avec effet durable.
o Plusieurs études ultérieures confirment son efficacité, sans effets secondaires
notables.
• Téprotumumab : anticorps antagoniste du récepteur de l’IGF-1R, impliqué dans
la physiopathologie de l’OD.
o Étude randomisée de 2017 : perfusions toutes les 3 semaines (8 au total) chez 88
patients.
o Résultats : amélioration rapide (dès 6 semaines), réduction d’au moins 2 points du
score d’activité clinique et d’au moins 2 mm d’exophtalmie.
o Effet secondaire principal : déséquilibre glycémique chez les patients diabétiques,
corrigé par adaptation thérapeutique.
o Traitement prometteur, nécessitant toutefois d’autres études pour confirmer son
innocuité et la stabilité des résultats.
• Infliximab : anticorps anti-TNFα.
o Utilisé avec succès dans un cas d’OD compliquée de neuropathie optique menaçant
la vision, avec nette amélioration du champ visuel après trois perfusions d infliximab.
2Radiothérapie orbitaire externe :
La radiothérapie externe de l’orbite est rarement utilisée et intervient le plus souvent en
complément d’un traitement corticoïde. Son indication et ses protocoles restent très débattus
dans la littérature. Le taux de réponse rapporté avoisine 60 % [30].
Le protocole classique consiste en une dose totale de 20 Gy par orbite, délivrée en dix
séances réparties sur deux semaines [56]. Avec ce schéma, la progression de la maladie est
généralement stoppée, avec une très bonne réponse dans 26 % des cas et une réponse partielle
dans 50 % des cas [57].
D’autres protocoles ont été explorés, tels qu’un fractionnement de 1 Gy par semaine
pendant 20 semaines [58], ou encore une dose totale réduite de 10 Gy, qui a montré une
efficacité comparable aux 20 Gy habituels [58].
Enfin, plusieurs études ont également mis en évidence une amélioration de la diplopie
après radiothérapie orbitaire [59].
Page 20 sur 34La radiothérapie orbitaire externe est globalement considérée comme un traitement sûr
à long terme [59]. Toutefois, un risque théorique de carcinogenèse persiste, notamment chez
les patients jeunes, en particulier ceux âgés de moins de 35 ans.
La cataracte peut apparaître plus précocement après ce traitement, mais elle reste
facilement corrigeable par chirurgie.
Des complications microvasculaires sont également possibles, ce qui fait du diabète une
contre-indication relative à la radiothérapie orbitaire [59].
Autres mesures : le sélénium
Une étude menée par Marcocci et al. a mis en évidence l’intérêt d’une supplémentation
orale en sélénium (100 µg deux fois par jour pendant six mois) comparée à un placebo ou à la
pentoxyfylline. Ce traitement a montré une amélioration de la qualité de vie des patients atteints
d’orbitopathie dysthyroïdienne (OD) [60]. De plus, il a permis de constater une réduction de
l’atteinte oculaire ainsi qu’une diminution du risque de progression chez les patients présentant
une orbitopathie légère [60].
3.Traitements chirurgicaux :
La chirurgie de l’OD peut être proposée :
• En urgence ou semi-urgence dans les cas de neuropathie optique compressive ou
d’exophtalmie sévère exposant à un risque de luxation du globe (situation rare), mais le plus
souvent de manière programmée, après obtention d’un équilibre thyroïdien stable pendant au
moins 6 mois, et lorsque les traitements médicaux (notamment la corticothérapie) sont
insuffisants.
Quatre grands types d’interventions existent :
1. Décompression orbitaire (osseuse ± graisseuse),
2. Chirurgie oculomotrice (correction du strabisme),
3. Chirurgie palpébrale (rétraction des paupières),
4. Chirurgie esthétique du regard (blépharoplastie).
Cet ordre doit être strictement respecté car chaque geste peut influencer les résultats des
suivants [1,9].
Page 21 sur 34• La décompression orbitaire modifie la position des globes et des paupières →
réalisée en premier.
• La chirurgie du strabisme peut modifier la position palpébrale → réalisée en second.
• Ensuite, la chirurgie palpébrale est effectuée.
• Enfin, la chirurgie esthétique (blépharoplastie, ablation des poches) est réalisée en
dernier recours.
Dans certains cas, deux interventions peuvent être combinées au cours d’une même
séance, par exemple une décompression orbitaire associée à un allongement palpébral
supérieur, afin de limiter le nombre d’opérations [61].
A.Décompression orbitaire :
La décompression orbitaire vise à réduire l’exophtalmie par effondrement d’une ou
plusieurs parois osseuses, avec ou sans lipectomie orbitaire.
Un bilan neuroradiologique préopératoire est indispensable (scanner et IRM),
permettant d’évaluer les données morphologiques ainsi que la structure musculaire et
graisseuse.
Selon Garrity, les gains moyens en millimètres sur l’exophtalmie sont les suivants [6] :
• 0 à 4 mm pour la décompression d’une paroi,
• 3 à 6 mm pour deux parois,
• 6 à 10 mm pour trois parois.
a. Décompression osseuse :
Voies d’abord chirurgicales pour la décompression orbitaire :
• Voie sous-ciliaire : permet un accès direct au plancher orbitaire, réséqué sur ses
deux tiers internes, en respectant le canal infraorbitaire situé à la jonction deux tiers internes /
tiers externe. Les cellules ethmoïdales sont effondrées jusqu’à la suture éthmoïdo-frontale, sans
aller au-delà pour éviter le risque de brèche ostéoméningée.
• Voie caronculaire (décrite par Shorr) : donne un bon abord de la paroi médiale et
du plancher orbitaire, avec possibilité de décompression graisseuse. Elle permet aussi un accès
Page 22 sur 34à l’apex orbitaire pour des décompressions très postérieures, utiles notamment en cas de
neuropathie optique.
• Voies palpébrales inférieure et médiale : permettent une décompression des parois
inférieure et médiale mais sont progressivement abandonnées en raison du risque de cicatrices
visibles.
• Voie palpébrale latérale : donne accès à la décompression du mur latéral.
• Voie palpébrale supérieure : réalisée au niveau du pli palpébral supérieur jusque
dans le canthus latéral ; elle permet une décompression combinée médiale et latérale.
• Voie coronale : incision semi-circulaire du cuir chevelu (abord neurochirurgical).
Technique invasive, aujourd’hui peu utilisée.
• Voies endoscopiques endonasales : permettent une ethmoïdectomie associée à une
décompression du plancher orbitaire. Elles évitent toute cicatrice cutanée. Toutefois, elles
exposent à un risque accru de troubles oculomoteurs, qui peut être réduit en préservant la
périorbite périmusculaire [65].
B.Décompression graisseuse (lipectomie) :
Elle peut être pratiquée seule ou en association avec une décompression osseuse.
• La technique d’Olivari consiste en une exérèse de la graisse intra- et extraconique
par voie antérieure, sous anesthésie générale, en opérant un seul côté à la fois [66].
• L’EUGOGO a montré qu’une lipectomie combinée à une décompression osseuse
offrait une réduction plus importante de l’exophtalmie [67].
Indications chirurgicales selon la forme anatomoclinique [63]
• Neuropathie optique compressive : urgence thérapeutique nécessitant une
décompression osseuse postérieure, le plus souvent par effondrement des parois inférieure et
médiale. Les voies d’abord possibles sont palpébrale supérieure, caronculaire ou endonasale.
• Hypertonie oculaire : indication et stratégie chirurgicales identiques.
• Exophtalmies bilatérales et symétriques :
Page 23 sur 34o Formes modérées (≤ 25 mm) → décompression de deux parois (souvent inférieure
et médiale), éventuellement associée à une lipectomie. Certains auteurs anglo-saxons
préconisent la décompression médiale et latérale pour « équilibrer » la correction et limiter la
diplopie postopératoire [68,69].
o Formes sévères (> 25 mm) → décompression de deux parois + lipectomie, ou
décompression de trois parois. Le choix des voies d’abord dépend de l’expérience du
chirurgien, les approches pouvant être combinées [70]. La préservation du strut (rebord
inféromédial) semble réduire le risque de diplopie postopératoire, voire améliorer une diplopie
préexistante [71].
• Exophtalmies asymétriques : autrefois, la décompression unilatérale était
déconseillée en raison du risque de dystopie verticale. Désormais, une décompression uni- ou
bilatérale horizontale (une ou deux parois) peut être envisagée, en privilégiant une balanced
decompression des parois médiale et latérale, avec conservation du strut [71].
Les complications principales de la chirurgie orbitaire :
• Hypoesthésie du nerf maxillaire : le plus souvent régressive.
• Troubles oculomoteurs : générés ou aggravés par la décompression, observés dans
environ 19 % des cas toutes techniques confondues [67,72].
• Hématome ou hémorragie.
• Brèche ostéoméningée.
C.Chirurgie des troubles oculomoteurs :
Avant d’envisager cette chirurgie, plusieurs conditions doivent être réunies :
• Obtention d’une euthyroïdie stable.
• Stabilisation des troubles oculomoteurs depuis au moins six mois.
• Réalisation d’une éventuelle décompression orbitaire préalable.
Le principe est généralement un recul musculaire avec réinsertion sclérale. La distance
de recul dépend de la fibrose musculaire et est souvent importante (6 à 8 mm) [1,73], réalisé
après un test d’élongation musculaire. Les résections musculaires sont formellement contre-
indiquées.
Objectif : supprimer la diplopie en position primaire et dans le regard vers le bas.
Page 24 sur 34D.Chirurgie palpébrale
Permet l’allongement des paupières supérieures et/ou inférieures pour traiter la
rétraction.
Paupière supérieure : selon la sévérité de la rétraction :
• Myotomie du muscle de Müller par voie conjonctivale.
• Section des ailerons latéraux du releveur ± myotomie du releveur.
• Section des ailerons avec recul du releveur, avec éventuellement interposition de
matériel autogène ou synthétique [1].
• Voie cutanée supérieure également décrite.
Paupière inférieure :
• Pour rétractions légères : recul ou excision des rétracteurs.
• Rétractions modérées/sévères : interposition de matériel autologue, généralement
cartilage rétroauriculaire [1].
E.Chirurgie esthétique palpébrale
Blépharoplastie esthétique supérieure ± inférieure. La résection cutanée doit être
minimale.
Interventions combinées : dans certains cas, deux types d’interventions peuvent être
réalisées simultanément pour :
Exemples :
• Décompression orbitaire + allongement palpébral supérieur ou inférieur [75].
• Décompression + chirurgie esthétique palpébrale [76].
• Décompression + chirurgie du strabisme par recul d’un muscle [77].
Page 25 sur 34Arbre décisionnel.
Tableau 3 Prise en charge des patients atteints d’orbitopathie dysthyroïdienne (OD) d’après les
recommandations de l’European Group on Grave’s Orbitopathy[7]
Diagnostic de L’OD :
*Obtenir L’euthyroïdie
*Arrêt de tabac
OD légère OD modérée a sévère NO avec menace visuelle
Mesures Locales
Corticothérapie IV
Active Inactive
Evaluer la réponse a 2
semaines, si faible
Décompression rapide
Stable et inactive Progression
Corticothérapie
IV
Active Inactive
Stable et inactive Chirurgie de
réhabilitation
Chirurgie de
réhabilitation
Corticothérapie IV
plus au moins
radiothérapie
Page 26 sur 34Conclusion :
L’orbitopathie dysthyroïdienne (OD) est une maladie dysimmunitaire inflammatoire qui
survient le plus souvent dans un contexte d’hyperthyroïdie, plus rarement d’hypothyroïdie ou
d’euthyroïdie. Sa prise en charge doit être multidisciplinaire, impliquant notamment
l’endocrinologue, l’ophtalmologiste et, dans certains cas, le chirurgien orbito-facial.
Sur le plan physiopathologique, l’interaction entre les lymphocytes T circulants et les
fibroblastes orbitaires déclenche une cascade immunitaire responsable de la libération de
cytokines et de la prolifération fibroblastique. Cette activation entraîne l’accumulation de
glycosaminoglycanes au sein des muscles oculomoteurs et du tissu conjonctif orbitaire, à
l’origine de l’inflammation et des manifestations cliniques caractéristiques.
Les signes cliniques principaux associent une exophtalmie, une rétraction
palpébrale,une diplopie.
Une imagerie orbitaire (TDM et/ou IRM) est systématiquement indiquée afin d’évaluer
l’atteinte musculaire et les tissus orbitaires.
Le traitement repose sur une prise en charge prolongée et progressive, combinant un
traitement médical, un traitement chirurgical, et des mesures associées.
Le tabagisme constitue un facteur aggravant majeur et doit être réduit ou idéalement
interrompu. L’équilibre thyroïdien doit être soigneusement maintenu, en évitant toute
hypothyroïdie iatrogène.
Lors de la phase aiguë active, le traitement de référence est la corticothérapie
intraveineuse en bolus, selon les protocoles de l’EUGOGO.
En cas de résistance ou d’intolérance, des thérapies immunosuppressives peuvent être
envisagées.
Le traitement chirurgical est réservé principalement à la phase séquellaire, sauf en cas
d’urgence liée à une neuropathie optique compressive. L’ordre des interventions est essentiel :
décompression orbitaire, chirurgie du strabisme, allongement palpébral, eventuellement,
blépharoplastie à visée esthétique ou fonctionnelle.
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